samedi, 19 of janvier of 2019

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Le New Deal contre le Revenu d’Existence

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Roosevelt ne devrait pas être présenté comme « un héros qui a su limiter les gros salaires et les affres des banquiers et actionnaires ». Car son New Deal aura surtout été une diversion pour éviter aux USA d’adopter le dividende universel et pour maintenir le système d’argent-dette contrôlé par les banquiers privés de la FED.

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Merci au site Thirst for Justice1, inspiré par le Crédit Social de Clifford Hugh DOUGLAS2 (concept cousin de l’Économie Distributive), pour l’article de la page « CREDIT SOCIAL AUX USA EN 1932 »3 dont nous reprenons et reagençons ici des extraits.

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Le « bill Goldsborough »

« Loi pour rendre au Congrès son pouvoir constitutionnel d’émettre la monnaie et d’en régler la valeur ; de fournir un revenu monétaire à la population des Etats-Unis d’Amérique avec un pouvoir d’achat fixe et équitable du dollar, suffisant en tout temps pour Read more »


Brigitte Carraz : l’Économie Solidaire dans les actes !

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L’Économie Distributive (ED) inspire-t-elle tes actions?

Je ne sais pas si je suis « inspirée par l’ED » mais pour moi, l’essentiel est de m’impliquer dans des situations concrètes, de contribuer à construire, toujours avec d’autres.

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Certains pourraient dire que tu es une rebelle?

Je suis en tous cas quelqu’un qui Read more »


Éducation dépolluée de l’argent

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Danièle habite dans un pays qui a adopté l’Économie Distributive depuis quelques années, elle raconte comment l’éducation fonctionne avec beaucoup plus de cohérance.

Extraits des « Affranchis de l’An 2000 »1 de Marie-Louise Duboin
(c
hapitre « L’éducation repensée », dont les dialogues dans le texte sont ici retranscrits sous la forme de monologues)

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Éducation et enseignement peuvent-ils être si différents ? () Fondamentalement () ! Ce qui a changé, c’est le but vers lequel on tend quand on a la charge de l’éducation et de la formation d’un enfant. C’est toujours d’en faire un homme. Celui qui devra consacrer sa vie à se battre contre ses semblables pour gagner de quoi vivre ? Ou celui qui, membre à part entière d’une société humaine, pourra consacrer tous ses efforts à la rendre meilleure en y trouvant son propre épanouissement ? () Notre nouveau système économique, en changeant les motivations des actions humaines, a modifié l’esprit dans lequel on élève les enfants, et nous a permis d’y consacrer un maximum de moyens. ()

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Inséré dans l’environnement

Notre but est de parvenir au meilleur équilibre possible entre l’individu et la société : que les échanges entre eux soient tels que l’individu n’abandonne rien de sa personnalité, tout en donnant le meilleur de lui-même pour parvenir à la plus grande « convivialité ». Cet équilibre passe par un double apprentissage.

D’une part nous inculquons aux enfants, dès leur plus jeune âge, le sens du respect des autres. Alors que « la resquille » passait pour une preuve d’intelligence dans le monde basé sur le profit (toujours pris à quelqu’un), nous apprenons aux enfants à éviter de « peser » sur les autres : avoir le souci de ne pas marquer leur passage de façon désagréable, de ne pas créer de gêne à autrui. Nous tenons à ce qu’ils soient très tôt habitués aux contraintes qu’imposent la vie en société, cette société dont ils vivent, obligatoirement. ()

D’autre part, nous apprenons aux enfants à ne pas se laisser faire, à ne pas être « des moutons ». Ceci implique l’acquisition d’un bon esprit critique, l’étude des « trucs » destinés à berner un public non averti. () Certes nous avons supprimé, tout naturellement en même temps que le profit, toute la publicité mercantile. Mais notre société est une société de concertation : elle s’autogère. Les décisions y sont prises en commun, après des débats publics. Il importe donc que chaque individu ait acquis les moyens d’y défendre son point de vue et sache, quand c’est nécessaire, déceler les intentions des autres. Nous avons considérablement développé l’apprentissage de ce qu’on appelle la dynamique des groupes et de la tenue de réunions contradictoires. ()

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Têtes bien faites

Nous sommes entrés dans une ère de l’histoire de l’humanité celle-ci, débarrassée de l’obligation de consacrer toutes ses forces à assurer sa survie, acquière la possibilité de développer ses facultés à autre chose : à l’art, à la science, à la réflexion philosophique, à la culture en général, bref à faire évoluer son esprit. () Après les progrès spectaculairement rapides des techniques, nous avons assisté à des progrès tout aussi rapides de la culture non plus seulement pour un petit nombre mais pour une proportion très vite croissante de la population. ()

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Études payées

Quand on a choisi un métier, la Société vous en offre la formation, quelle qu’elle soit, et vous verse le Revenu Social aussi longtemps que vous faites preuve des aptitudes nécessaires et de persévérance. ()

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Enseigner par vocation

Les rapports de coopération entre les enseignants et les parents sont plus faciles : rien ne les fausse plus si radicalement que le faisaient les différences de classe entre eux. ()

Certes, tous les professeurs ne sont pas doués pour la pédagogie. Mais ils étaient encore moins nombreux à l’époque l’enseignement attirait tous ceux qui y voyaient un des rares moyens de toucher un salaire assuré à vie. ()

En Économie Distributive, tout le monde touche des revenus. Donc ne font profession d’enseignant que ceux qui en ont la vocation, ce qui est pour nous, au départ, la meilleure garantie qu’ils chercheront à faire bien leur travail, qui les intéresse, et non pour l’argent qu’il leur rapporte. ()

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1 Éditions Syros (1984), ou à défaut Voici la Clef (1996)

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publié dans le n°7 de septembre 2011, mis en ligne le 16/12/2011


L’éducation… au service des gens

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Comment répondre aux questions posées dans l’article de la rubrique Contestation ? Une bonne partie trouve des solutions en Économie Distributive.

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Reprenons tout d’abord les questions posées et qui se résument ainsi :

  • qui paye ?

  • à qui profite l’éducation ?

  • qui organise l’école ?

  • qui décide des contenus ? De ce qu’on doit apprendre ? Et… la rentabilité !

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Le zéro défaut !

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À mon avis le système actuel Read more »


L’enjeu des Universités Populaires

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En dehors du système éducatif « classique » se sont développées des Universités Populaires destinées aux adultes. Comment ces centres de formations rendent-ils populaires les savoirs ?

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Le 1er mouvement des Universités Populaires (UP) de la fin du 19ème au début du 20ème siècle fut marqué par un engagement collectif des intellectuels pour la cause ouvrière en pleine période de laffaire Dreyfus. Ce fut tout bonnement la première expérience denvergure déducation des adultes. Mouvement de courte durée mais important (plus de 270 UP), cette démarche montrait (déjà) la difficile coopération des intellectuels et du peuple. En 1907, il nen existe quasiment plus. Les ouvriers désertaient progressivement ces lieux en dénonçant la tendance « avant-gardiste » de certains protagonistes.

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Après de timides expériences au cours du vingtième siècle, cest en 1972 que les UP sinstallent de nouveau dans le paysage hexagonal par linitiative de lassociation ATD Quart Monde qui sengage pour légitimer les savoirs des personnes en grande pauvreté matérielle, ce savoir « issu de la vie » pour paraphraser Geneviève Tardieu1. Dans les années 80 lAUPF2 souhaite fédérer les autres UP existantes, localisées dans un premier temps en Alsace et inspirées du modèle des Universités Populaires allemandes. On vous proposera des conférences sur des thèmes qui diffèrent dune semaine à lautre, des ateliers du « mieux être », du « relooking », du golf, de la préparation aux concours paramédicaux… Ce réseau rassemble le plus grand nombre dUP à ce jour, car on y trouve également les Universités pour Tous et du Temps libre.

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Cest bien à partir de 2002, que vont renaître des UP au caractère plus subversif, renouant avec les velléités libertaires de la fin du 19ème ou, tout au moins, identifiées comme des « champs » autonomes de production de savoirs. Le philosophe Michel Onfray, à linitiative de lUP de Caen, voit dans ces expériences, des formes concrètes de micro-résistance par le biais dune transmission de savoirs critiques (sous la forme de cycle denseignement), gratuite, ouverte à tous et sans condition de diplôme. On compte une vingtaine « dUP alternatives et indépendantes », dont celles de Nîmes et Lyon dans lesquelles intervient le sociologue Philippe Corcuff. Ce dernier perçoit, dans ces UP, la participation à la reconstruction dune « gauche » en crise dans son pilier expérimental.

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En réaction au modèle que propose Onfray mais surtout au résultat de sa « recherche militante » depuis de longues années, Miguel Benasayag a créé un nouveau « concept », celui dUPLS3 qui serait une des façons dexercer du « contre-pouvoir », dont lUP de Ris-Orangis en est larchétype en France. Selon lui, lenjeu nest pas la seule transmission dun savoir ou encore moins la proposition de « services pour des consommateurs de loisirs ». Il sagit de mettre en place une production de savoirs avec les personnes concernées en les formant aux méthodes nécessaires par exemple, celle de lenquête sociale et en sattachant à répondre concrètement aux problèmes quelles vivent dans leur quartier. Il sagit de produire du « savoir reterritorialisé », non-utilitariste mais qui permet une emprise directe sur leur vie. Ces UP en marge de l’AUPF nous proposent donc une myriade de pratiques qui interrogent toutes la relation du savoir et du pouvoir, même traitée de manière implicite.

« Certains affirment que le savoir théorique nest pas important. Je me rends compte que cest toujours ceux qui en ont beaucoup qui disent cela ! Quand on nest pas une héritière, eh bien, on sait que ça compte pour la lutte »

Myriam, participante de l’UP d’Aix-en-Provence

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Cette démarche ne simprovise pas. Sil est possible de traduire les vécus en connaissances, de produire des savoirs théoriques et pratiques qui suscitent les engagements, il faut aussi posséder les savoirs pédagogiques, utiliser les outils et exploiter cette production pour quelle devienne source de « puissance dagir »4. Cest cette dialectique permanente entre les méthodes et les désirs politiques, qui est propre à cette éducation populaire que lon défend. Il est à souhaiter que les UP deviennent ces lieux de « coopération conflictuelle »5 entre des acteurs ayant un rapport différent aux savoirs et interrogent le sens politique que peut prendre leur action.

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Joackim Rebecca

Doctorant en sociologie et coopérateur de la Scop d’éducation populaire « le Pavé » (www.scoplepave.org)

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1 Ancienne permanente d’une UP ATD Quart Monde, cf. sa thèse « La construction du savoir émancipatoire »

2 Association des Universités Populaires de France

3 UP de Laboratoire Social qui a donné naissance à un réseau international du même nom.

4 Concept développé par le philosophe Spinoza dans « l’Éthique »

5 Expression de Bernard Eme, sociologue et Professeur des Universités à Lille 1

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publié dans le n°7 de septembre 2011, mis en ligne le 16/12/2011


ATD Quart Monde : des lieux de formation multiples

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Le mouvement ATD Quart Monde réunit des personnes vivant la grande pauvreté et d’autres qui, sans avoir cette expérience, leur sont solidaires. L’éducation, la formation, l’accès à la culture… sont au cœur de ses action, avec, toujours, l’implication des plus pauvres.

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Le mot « Quart Monde » désigne une dynamique qui pousse à s’unir pour l’accès de tous aux droits de tous, au nom de l’égale dignité de tous les êtres humains. Au delà d’une seule participation des plus pauvres, il s’agit de créer les conditions d’une implication de leur part qui soit créatrice, qui passe par l’échange et la formation de tous pour y parvenir. C’est un moyen de rééquilibrer la démocratie. Cette pédagogie donne lieu à de nouvelles connaissances et à de nouvelles pistes d’action. L’Université Populaire Quart Monde et le Croisement des savoirs utilisent cette pédagogie.

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LUniversité Populaire Quart Monde est un lieu de réflexion et d’échange. Elle réunit, en général une fois par mois, des personnes touchées par la grande pauvreté, d’autres qui s’engagent à leurs côtés, et des « invités » en lien avec le sujet de société choisi. Elle est préparée à l’avance en petits groupes. Les invités sont présents pour apprendre des personnes en grande pauvreté et témoigner de leur parole, de leur lutte et de leurs espoirs. C’est un lieu universitaire de pensée et de parole, l’on apprend à bâtir sa pensée et trouver ses propres mots. La présence effective et active de citoyens de tous milieux sociaux est constitutive de l’Université Populaire depuis ses débuts dans les années 70. Enfin, c’est un lieu de citoyenneté et de formation au militantisme.

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Le croisement des savoirs et des pouvoirs est une formation mutuelle entre des personnes pauvres et des professionnels. Des co-formations sont proposées depuis 2003 à la demande des professionnels qui veulent se former à la connaissance du vécu des personnes en grande difficulté et à la pratique du partenariat avec elles. La pédagogie utilisée conduit chacun à prendre en compte le savoir de l’autre et à se confronter à son point de vue critique, à questionner ses représentations, ses pratiques et celles des institutions et à ouvrir des pistes de travail et de réflexion.

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Par ailleurs en matière d’éducation, ATD Quart Monde mène depuis toujours un combat « pour une école pour tous ». Plus récemment le projet « Notre Ambition pour l’école » mené avec différents partenaires, familles, professionnels de l’enseignement et institutionnels, conjugue des actions de terrain et de recherche et des actions politiques. Quelques exemples :

  • Plusieurs projets pilotes ont lieu en France dont un à Rennes qui a pour but de favoriser la réussite de tous les enfants, dont les enfants les plus en difficulté, en s’appuyant principalement sur le développement de relations de confiance entre les familles et l’école.
  • Un projet de recherche pédagogique « Savoirs et coopération à l’école » est né à la demande d’enseignants : ceux-ci constataient qu’ils avaient profondément transformé leurs pratiques quotidiennes dans la classe en lien avec leur engagement à ATD Quart Monde.
  • En 2011 ATQ Quart Monde avec d’autres partenaires ont choisi de centrer la Journée Mondiale du Refus de la Misère du 17 octobre sur le thème « Quelle école pour quelle société ? » C’est une journée préparée avec les personnes en grande pauvreté, leur parole est à l’honneur et conduit à la formation d’un message politique. Cette journée est un des jalons d’une mobilisation citoyenne durable. La dagogie du Mouvement permet de collecter cette parole et permettra de travailler sur les récits d‘expérience à lécole collectés depuis plusieurs mois.

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Équipe ATD Alsace

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Idées et actions d’ATD Quart Monde en matière de formation

ATD Quart Monde France : 01 42 46 81 95 – www.atd-quartmonde.org

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publié dans le n°7 de septembre 2011, mis en ligne le 16/12/2011


MFR, « réussir autrement »

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Du côté de l’enseignement privé conventionné, avec une structure et un fonctionnement très originaux, les Maisons Familiales Rurales forment plus de 50 000 jeunes, ce qui en fait le premier enseignement alternatif en matière de pédagogie ! Ce nombre leur permet de négocier, à chaque réforme, que de nouvelles normes ne les mettent pas en danger.

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Curieux, on n’en parle guère… sans doute parce que c’est en milieu rural, qui n’intéresse ni les médias ni les ministres… Les Maisons Familiales Rurales sont des écoles triplement originales Read more »


La pédagogie Steiner Waldof

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Il y a actuellement plus de 1 000 écoles Waldorf, dans 65 pays, sur tous les continents. La première école créée selon les directives et les enseignements de Rudolf Steiner a ouvert en 1919 à Stuttgart dans le contexte de l’après-guerre, pour les enfants des employées de l’usine de cigarettes Waldorf-Astoria, d’où le nom de Waldorf. Qu’en est-il aujourd’hui de ces écoles ?

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En France le mouvement reste marginal avec une dizaine d’écoles qui ont de la peine à vivre et à remplir leurs effectifs (environ 1700 élèves), en raison du système éducatif français très centralisé qui ne finance que les écoles sous contrat. Un autre obstacle est sans doute culturel : l’idée de l’école laïque fortement ancrée dans les mentalités, rend suspect tout mouvement éducatif qui est sous-tendu ou inspiré par une philosophie de nature spirituelle comme c’est le cas pour la pédagogie Steiner.

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Linspirateur des écoles Waldorf est Rudolf Steiner (1861-1925), méconnu en France, à la fois philosophe, scientifique et artiste de langue allemande. Sa vision Read more »


Pédagogie Freinet : créativité et coopération

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Utilisée dans 48 pays, la pédagogie Freinet est pratiquée en France par 2 à 3 mille enseignants de l’école publique, beaucoup en école primaire, mais également en collège et lycée et parfois dans le supérieur.

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Dans une classe Freinet, des activités de communication réelles permettent de redonner aux langages, oral et écrit, leur fonction première et de prendre Read more »


Quelques questions de fond sur l’éducation…

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1 : L’éducation, ça coûte cher, très cher, bien plus que nous ne croyons : locaux, enseignants (salaires et formation), administration, entretien, matériel (et pas seulement le papier, ou les livres ou même les ordinateurs, ou les ballons, mais les ateliers et les machines dans les formations techniques, etc… Plus le transfert des élèves, un des plus gros budgets du Conseil Général !)

Alors, QUI PAYE ?

  • Ceux qui reçoivent l’éducation ? Ou plutôt leurs parents !? Injuste ! Car il faut être riche, très riche.

  • Ceux qui ont besoin de gens formés : les entreprises. C’est juste. Mais… qui paiera les études des médecins ? Les malades ? Et des musiciens ? Etc…

  • Des organisations humanitaires et caritatives : c’est ce qu’ont fait, et font encore à certains endroits, les Églises, ce que font des ONG dans d’autres pays. Avec quel argent ? Celui qu’on veut bien leur donner… volontairement.

  • La société : l’État. (Ce pourrait être collectivités territoriales, communes, régions). C’est-à-dire les contribuables. Nous. C’est le plus juste, le plus solidaire, car c’est une redistribution.

MAIS… les payeurs ont, c’est inévitable, un certain contrôle des contenus : ils peuvent payer ceci et pas cela…

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2 : À qui profite l’éducation ?

Aux bénéficiaires ? À leurs familles ?

À la société ? À qui dans la société ? Elle forme ses agents, ses responsables, ses éboueurs, ses médecins…

Aux entreprises ?

À l’État ?

2bis : Qui tire profit de telle ou telle partie de l’éducation, de tel ou tel point des programmes scolaires ? Qui a intérêt à ce que tout le monde parle anglais ? Le capitalisme international… Qui a intérêt à ce que tout le monde étudie l’économie (obligatoire en Seconde depuis 2010) ? Est-ce pour que personne ne puisse contester l’économie libérale ? Qui a intérêt à ce que la musique ne soit pas dans les programmes et reste un luxe élitiste ?

Parfois, aussi, les enseignants, qui veulent garder leur gagne-pain, ou de bonnes conditions de travail…

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3 : Qui organise l’école ? (en France, aujourd’hui).

1: L’enseignement privé hors contrat :

  • très cher (voir plus haut)

  • autonome dans ses contenus, ses effectifs, sa formation des enseignants, sa pédagogie;

  • Ex : Écoles Steiner : l’émanation d’un groupe particulier, la pensée anthroposophe. un luxe, passionnant peut-être…

2: L’enseignement privé conventionné :

  • nettement moins cher, car l’État paye les frais d’enseignement (salaires…)

  • les parents, l’association organisatrice, ont part à l’organisation sur certains points

  • l’État impose un cadre généralement très semblable à l’Éducation Nationale.

  • Ou moins semblable : cas des MFR,

3: L’Éducation Nationale

  • l’école est gratuite

  • c’est l’État, donc les contribuables, donc nous tous, qui paye à peu près tout : c’est donc la plus solidaire !

  • cadre très normé, liberté pédagogique assez étroite (variable selon les époques)

  • (à noter qu’une partie dépend du Ministère de l’Agriculture : elle est plus souple et plus créative…)

Ne confondons pas justice sociale et liberté : le plus juste, c’est l’Éducation Nationale. Et c’est là où il y a le moins de liberté !

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4 : Qui décide des contenus ? de ce qu’on doit apprendre ?

  • Ceux qui vont apprendre ? Mais ils ne savent pas…

  • Leurs parents ? Sauront-ils mieux ?

  • Les enseignants ? Ne défendront-ils pas leur bifteck ?

  • La société : sous quelle forme ?

    • L’État ?

    • Les collectivités locales ?

    • Les groupes qui en ont besoin, par exemple les entreprises ? Qui défendra le grec ou le dessin ?

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5 : Rentabilité : Un établissement scolaire n’est pas rentable comme une entreprise. MAIS l’éducation doit être « rentable » pour la société : celle-ci (c’est-à-dire nous) a besoin de gens formés (médecins, agriculteurs, plombiers, ingénieurs… mais aussi musiciens, animateurs, comédiens…). Et elle y investit (voir 1). L’école doit donc fonctionner et produire des compétences.

ET une école qui ne fonctionne pas annonce des explosions sociales à venir : par manque de gens formés… et par manque d’insertion sociale efficace pour d’autres.

Rentable donc… mais à quelle échéance ? Lointaine ! Bien plus lointaine que n’importe quelle échéance électorale !

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6 Zéro défaut : Notre société, hyper-technicisée, a absolument besoin du zéro défaut (nombreux exemples). Or l’éducation demande le droit à l’erreur : considérée avec indulgence, comme une étape de la formation, elle doit être analysée, travaillée, dépassée, pour ne pas détruire la personne par une sanction.

MAIS QUAND le passage de l’indulgence au zéro défaut doit-il se faire ? Qui saura être impeccable si on ne lui a appris que l’à-peu-près ? ET pourquoi être intransigeant sur une erreur qui ne portera jamais tort à personne ?

Faut-il sélectionner ? Parfois, oui : je veux que mon médecin soit compétent, que le technicien de la centrale nucléaire soit parfait ! Mais qui sélectionner ? Comment, sur quels critères ? Et tout le monde doit avoir sa place !

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Je n’ai pas les réponses, mais ces questions sont incontournables.

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Hélène Bourdel

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publié dans le n°7 de septembre 2011, mis en ligne le 16/12/2011