dimanche, 28 of mai of 2017

MFR, « réussir autrement »

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Du côté de l’enseignement privé conventionné, avec une structure et un fonctionnement très originaux, les Maisons Familiales Rurales forment plus de 50 000 jeunes, ce qui en fait le premier enseignement alternatif en matière de pédagogie ! Ce nombre leur permet de négocier, à chaque réforme, que de nouvelles normes ne les mettent pas en danger.

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Curieux, on n’en parle guère… sans doute parce que c’est en milieu rural, qui n’intéresse ni les médias ni les ministres… Les Maisons Familiales Rurales sont des écoles triplement originales.

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Originales par leur histoire et leur fonctionnement : elles n’ont pas été inventées par des pédagogues, mais par des parents : des familles de syndicalistes paysans dont les adolescents ne trouvaient pas leur place dans le système scolaire existant. Ces familles ont pensé qu’elles pouvaient leur apprendre elles-mêmes le métier,… et ont demandé au curé de s’occuper de l’enseignement général. C’était en 1937, à Lauzun, dans le Lot-et-Garonne.

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Aujourd’hui, chaque Maison est une association loi 1901, qui regroupe des familles et des professionnels maîtres de stage. Le Conseil d’Administration assure la gestion, les décisions, recrute le personnel, décide des ouvertures de classes, etc. Les parents peuvent donc véritablement s’engager dans l’éducation de leur enfant.

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Originales par leur pédagogie, fondée sur l’alternance. Les jeunes enchaînent une ou deux semaines en entreprise après une semaine ou deux passées à la Maison familiale. À la MFR, les jeunes établissent eux-mêmes le « plan d’étude » de la session suivante. En stage, l’élève cherche des informations, pose des questions, enquête. Au retour de stage, il fait part à son formateur des situations qu’il vient de vivre, lui pose des questions, revient sur ses travaux. Le formateur dispense son cours en intégrant ces données. Les deux temps ne sont pas séparés, au contraire, le va-et-vient pédagogique est permanent. Ainsi, on privilégie la mise en commun des expériences et la réflexion à partir du vécu. Le jeune est préparé à mieux entrer dans la vie active et à s’insérer professionnellement et socialement. C’est donc une formation professionnelle originale, où tout ne vient pas de l’enseignant, où tout le vécu est pris en compte, où le jeune est aidé à s’investir dans sa formation.

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Originales par leur financement : ce sont des établissements privés, associatifs, dépendant du Ministère de l’Agriculture qui les finance. Mais les MFR ont un statut particulier, le conventionnement « à l’élève », qui leur permet de recruter elles-mêmes leur personnel. Les formateurs sont « moniteurs de formations alternées », formés – en alternance ! – au Centre National Pédagogique des MFR.

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Le moniteur a une fonction globale : il est enseignant, mais aussi animateur de la vie résidentielle (les MFR sont des internats), et accompagnateur de la vie et du projet du jeune. Sa qualité humaine compte autant que sa qualification universitaire.

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Cette indépendance par rapport au cadre habituel de l’enseignement privé conventionné permet beaucoup : souvent des effectifs faibles (12 à 20 élèves par groupe), une organisation souple des cours… Les MFR sont aussi liées à leur territoire, d’abord grâce aux formations assurées, ensuite parce que les jeunes ont des activités liées à l’environnement géographique, social, économique…

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Nous nous trouvons là devant une situation très particulière : un enseignement privé, certes, conventionné pour ne pas être financièrement inabordable, mais qui s’est donné les moyens de la liberté. C’est-à-dire à la fois dedans et dehors… Le slogan « Réussir autrement » est tout-à-fait mérité : alors que nombre de jeunes y arrivent après avoir connu l’échec scolaire, leur taux de réussite aux examens nationaux (BEP, Bac Pro…) est supérieur à celui des Lycées Agricoles, avec même de meilleures notes en enseignement général !

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Hélène Bourdel

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Union Nationale des MFR : 01 44 91 86 86 – www.mfr.asso.fr

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publié dans le n°7 de septembre 2011, mis en ligne le 16/12/2011


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