Lundi, 1 of septembre of 2014

Le Colibri en vol libre

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D’où vient le nom Colibri ? Y a t-il un lien avec Pierre Rabhi ? Qu’apportez-vous de plus qui n’existe pas déjà ? Pensez-vous vraiment pouvoir changer le monde ?

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L’origine du nom du journal que vous avez entre les mains ne vient pas de l’oiseau-mouche de Pierre Rabhi (il apporte sa goutte d’eau pour éteindre l’incendie, avec la certitude qu’il aura fait sa part1) mais de celui de notre marraine Heloïsa Primavera (il s’est appuyé sur le condor pour monter encore plus haut2). Tout de même, le projet a bien deux liens avec l’agroécologiste. Primo, le « distributif » véhiculé par notre revue apporte le maillon macro-économique qui manquait pour rendre la sobriété désirable et faisable en 2010. Car à partir du moment tout le monde réutilisera, réparera, recyclera, relocalisera, mutualisera…, plein d’usines auront fermé, il y aura encore plus de chômeurs, les États pourront encore moins financer les services publics et les retraites… si l’on n’anticipe pas. Pour éviter ce chaos, l’Économie Distributive apporte le minimum de changements nécessaires qui permettront de réduire l’empreinte écologique en améliorant la qualité des services publics et privés. Car il nous faut agir simultanément aux trois niveaux : individuel, local et global ! Secundo, notre équipe a formalisé la connivence avec l’association Colibris - Mouvement pour la Terre et l’Humanisme en devenant, juste avant la parution du numéro 1, l’un des groupes locaux. Nous sommes donc l’un des petits colibris qui, chacun à leur manière, participent au changement.

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La ligne éditoriale n’est pas facile à tenir, car l’ambition est énorme et une bonne partie des gens sont dans la croyance qu’on ne peut rien changer, que le capitalisme est indéboulonnable,


Attention, l’aboutissement du capitalisme, c’est le totalitarisme de monopoles privés !
L’ultra-libéralisme
n’est qu’une étape.


qu’il faut s’en accommoder, au mieux faire attention à notre façon de produire et de consommer, mais en fermant les yeux sur une partie des conséquences subies par les gens du Sud (et même du Nord) et sur les monnaies croissancistes. Aurait-il fallu ne pas parler de propriété d’usage dans le n°3 ? De monnaie distributive ? Ne proposer que des propositions moins bouleversantes, mais insuffisantes ? Nous osons déranger, en faisant remarquer les limites des alternatives actuelles et en proposant les plus qui permettront un jour de métamorphoser réellement la vie économique au profit de 90 % des gens. Complémentaire de la Grande Relève, revue de réflexions socio-économiques distributives, le Colibri Solidaire et Distributif ambitionne de vous faire mieux comprendre cette Économie Distributive en parlant des expériences qui s’en rapprochent le plus. Donner envie de mettre en oeuvre des solutions locales aujourd’hui, et réfléchir à une solution globale pour demain.

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Le public sera t-il au rendez-vous ? Pour l’instant, la pérennité du journal est loin d’être assurée. Il a a besoin de bénévoles et de finances supplémentaires. L’appel de juillet a permis de temporiser et de financer ce n°4. Le n°5, spécial transfrontalier Suisse-Allemagne-France, sortira grâce à un financement particulier. Les numéros suivants dépendront des réabonnements et des nouveaux abonnements. Réunirons-nous assez de courageux ?

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Réussirons-nous à changer le monde ? Si chacun fait sa part, en faisant au mieux ce qui peut être fait maintenant, tout en faisant connaître cette Économie Distributive autour de lui… nos expériences, aujourd’hui éparpillées et coincées par l’obligation de rentabilité, pourront un jour se généraliser !

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C’est notre manière à nous de faire vivre la démocratie, en donnant maintenant envie de s’intéresser à ses multiples couleurs possibles : évolutive, coopérative, communaliste, sociocratique, stochocratique, ouverte…

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Eric Goujot

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« Toute vérité franchit trois étapes :

Dabord, elle est ridiculisée.

Ensuite, elle subit une forte opposition.

Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence »

Schopenhauer


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2 Cf. Colibri S&D n°1

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publié dans le n°4 de novembre 2010, mis en ligne le 08/12/2011


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