samedi, 21 of janvier of 2017

Fermes de la Vôge sauvées de l’abandon

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Le rural paraît souvent très enlisé dans le chacun chez soi. Les Voivres démontre qu’il est possible d’agir efficacement.

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Début des années 1990, désertification du rural, dans la Vôge, Les Voivres1 se dépeuple et une partie de ses fermes partent à l’abandon. Évolution naturelle inéluctable ? Le maire a une idée et beaucoup de volonté. Quelques fermes sont sauvées, des habitants restent au pays. Vingt ans plus tard, le constat est sans appel : l’utopie a tenu, ses fruits sont savoureux.

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Des habitants seraient bien restés au pays, mais accéder à la propriété et rénover les vieilles fermes vosgiennes n’était pas à la portée de tout le monde. Subissant les effets du temps, beaucoup de toitures s’effondraient. La municipalité a osé : elle a racheté cinq fermes à l’abandon, les a rénovées et mises à disposition de particuliers avec des formules de type « location-vente ». Cerise sur le gâteau, les futurs occupants ont participé aux travaux, qui ont impliqué des structures d’insertion par l’économie et l’artisanat local. Bien sûr, il aura fallu s’adapter à quelques recompositions familiales. Et surtout s’adapter en mixant divers statuts juridiques, pour éviter les embuches tendues ici et là par quelques acteurs privés un peu jaloux. Car son intention était bien philanthropique, réussir une opération blanche pour les finances de la commune. Quelques centaines de loyers plus tard, les fermes sont toujours habitées et, pari réussi, des locataires sont aujourd’hui en train de devenir propriétaires. La boucle est bouclée.

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Éric Goujot

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1Les Voivres : 88240 – proche de Bains-les-Bains – commune classée Insertion par l’activité économique

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publié dans le n°3 d’avril 2010, mis en ligne le 29/11/2011


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